La défaite de la censure à Rio-2016

Ligado .

Écrit par Thiago Cassis
Traduit par Jenny Dauvergne

Le début des Jeux Olympiques à Rio de Janeiro, a été marqué par des scènes de brutalité et d’autoritarisme de la part de la police contre le public, qui tentait de se manifester contre le coup d’Etat en cours au Brésil.
Contrairement à ce qui s´est passé lors de la Coupe du monde, quand les grands médias amplifiait les insultes sexistes qu´avait subi la Présidente Dilma de la part des personnes (se trouvant dans les secteurs les plus chers du stade) lors du premier match de l´équipe brésilienne. Cette fois, le coup d’État perpétré par les élites utilise tous les corps de police pour réprimer celles et ceux qui soulèvent une simple affiche avec les mots « Dégage Temer ».

Mais l’action répressive s’est avérée non viable. Par le fait qu´elle a attiré l’attention des médias du monde entier et également car la Justice a interdit de telles mesures de répression. Selon une décision d’injonction préliminaire du juge fédéral João Augusto Carneiro, de la 12ème cour fédérale de Rio de Janeiro, « il n´y existe aucune interdiction de manifestation politique pacifique par le biais d´ affiches, t-shirts et autres moyens légaux dans les sites officiels des Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016.

L´alinéa IV de l´article 28 (de la loi n° 13 284/2016) interdit expressément les manifestations véhiculant des messages injurieux, racistes, à caractère xénophobe ou encourageant  d´autres formes de discrimination, c'est-à-dire une conduite clairement contestable dans un régime démocratique et pluraliste.” (...) « toute interprétation de cet article qui pourrait empêcher la libre manifestation pacifique du droit fondamental de la liberté d’expression, qui doit être immédiatement écartée ».

Autrement dit, la répression était illégale. Ce qui ne fait que  renforcer le caractère antidémocratique et autoritaire des putschistes. Avec la possible confirmation du coup d’Etat au Sénat, une sombre période est à attendre pour celles et ceux qui se battent pour la liberté et la démocratie au Brésil. L’injonction prononcée par le juge fédérale impose une amende de 10.000 reais ( environ 3.000 euros) pour ceux qui violeraient le droit de manifester pacifiquement lors des Jeux.

Un groupe d’experts juridiques a préparé un modèle d’Habeas Corpus afin que les manifestant-es puissent se protéger contre une possible arrestation arbitraire par les forces de police (disponible ici). Les Jeux Olympiques ne font que commencer, il y aura vraissemblablement d´autres actes de répression comme ceux dont nous avons été victimes. Et en même temps les gens vont continuer d’exercer leur droit de dénoncer le coup d’Etat en cours dans le pays.

Alors que la première médaille d’or a été remportée par une femme d’origine pauvre et noire, ayant bénéficié d’un programme social intitulé « Bourse Podium» créé par le gouvernement de Dilma Rousseff, les grands médias brésiliens font tout pour occulter des faits comme celui-ci, afin de mener à bien leur projet de coup d´État des élites brésiliennes.